On a pu dire qu'avec ce livre, Balzac découvrait un nouveau type psychologique : Début de citation(...) avec la Femme de trente ans qui est un des plus mal bâtis, un des plus mal venus, un des mal écrits, comme on dit, de ses romans, Balzac a réussi une performance (...) nommer une réalité.(...). On a dit que Balzac avait Guillemets inventé la femme de trente ans (comme Parmentier a inventé la pomme de terre).
+/-
. Fin de citation
Le sujet est résumé ainsi par le Dictionnaire des œuvres.Début de citation(...) Julie de Chastillon est éprise d’un bel officier, Victor d’Aiglemont. Le père de la jeune fille, connait toute la délicatesse d’âme de sa fille et la vulgarité profonde de Victor; aussi cherche-t-il vainement à s’opposer à cet amour. Quelques mois plus tard, les jeunes gens sont mariés: l’incompatibilité de leurs caractères ajoutée à l’aversion physique qu’elle éprouve maintenant pour son mari tourmente cruellement Julie.Fin de citation
Et Isabelle Miller le résumé plus brièvement : Début de citation Quand Julie de Chastillon épouse, en 1813, le fringant colonel Victor d’Aiglemont, elle ne se doute pas que ce serait, à peine un an plus tard, pour se plaindre des souffrances du mariage.Fin de citation
Balzac parle donc du mariage, de la sexualité féminine et des sentiments féminins à leur égard. Cela englobe tant les aspirations amoureuses juvéniles, vite déçues, que la jouissance sexuelle et sa frustration (manque d’orgasme). Balzac parle ainsi de la brutalité sexuelle, proche du viol, que subissent doublement (physiquement et psychologiquement) les jeunes mariées ignorantes des choses de la vie, brutalité qui les dégoûte d'autant plus des plaisirs des sens que l'homme dispose du corps de sa femme comme il l'entend et est lui-même tout à fait ignorant des besoins de sa femme. Julie d'Aiglemont est ainsi soumise aux pulsions de on mari Victor d'Aiglemont décrit par Balzac comme parfaitement médiocre, et inférieur à sa femme.
Ainsi quand la tante de Victor, la comtesse de Listomère-Landon, sonde les sentiments de la jeune Madame d’Aiglemont : Guillemets Elle trembla d’avoir à reconnaître en Julie un cœur désenchanté, une jeune femme à qui l’expérience d’un jour, d’une nuit peut-être, avait suffi pour apprécier la nullité de Victor « — Si elle le connaît, tout est dit, pensa-t-elle, mon neveu subira bientôt les inconvénients du mariage., cela suggère la découverte violente de la sexualité par Julie.
À cette passivité sexuelle forcée s'ajoutent les problèmes médicaux intimes que la pudeur interdit d'évoquer : Balzac fait ainsi de brèves allusions à une inflammation génitale (métrite). Pour l'auteur, ces misères de la femme mariée ne sont pas tant le fait de sa condition sociale, que de la « nullité » d'un mari, aimé malgré tout, mais également haï : le mari, militaire médiocre, ignore tout de la sensibilité et des problèmes féminins.
En parallèle, Balzac montre, dans la première partie, comment ces misères conjugales se répercutent dans la vie publique. Ironiquement, à la souffrance privée correspond, tel que cela est décrit dans cette partie, une certaine réputation publique qui profite au mari, « homme nul », et confère à l'héroïne une certaine forme de respectabilité.
Ces thèmes sont des plus courants dans la littérature (adultère, souffrance sexuelle), bien que l’on fit un procès à Flaubert pour Madame Bovary.
Dans la chambre de Julie.
Mais c’est Julie qui va subir les inconvénients du mariage. Adorée par un jeune Lord anglais, Lord Arthur Grenville, qu’elle trouve séduisant, elle ne lui cède pas et provoque involontairement sa mort. Rongée de remords, elle finit par se résigner jusqu’à ce que Charles de Vandenesse réussisse à la tirer de son abattement. De cet amant, elle aura un enfant, un garçon adorable que sa sœur jalouse et qui meurt dans des circonstances mélodramatiques, sans doute poussé dans la rivière par Hélène, fille de Julie et de Victor d'Aiglemont que sa mère n’aime pas. Julie d'Aiglemont va payer très cher son adultère. Sa fille Hélène sait que sa mère est une femme adultère. Et à la suite de circonstances pour le moins rocambolesques et qui relèvent du feuilleton, Hélène s’enfuit avec un brigand poursuivi par la police et qui deviendra pirate des mers. Hélène meurt aussi. Et le roman se termine sur la vieillesse expiatoire d’une mère coupable.
.